L'EGLISE SAINT CHRISTOPHE
>> Intérieur et peintures murales (cliquez ici)
Lorsqu'en 1849 le village de Montferrand se dota d'une nouvelle église, construite
dans le bourg, on abandonna peu à peu la chapelle St Christophe, ancien édifice
paroissial, sis, dans son petit cimetière à quelque 800 mètres et désormais
privée de son culte.
L'état de vétusté de l'édifice justifiait des travaux importants, les fonds publics étaient minces, il fallait trancher. Ce fut sûrement à contre cœur, mais on décida dans cette deuxième partie du siècle plutôt que d'entreprendre de coûteuses réparations, d'abattre la majeure partie de la nef, ne laissant subsister, avec une toiture abaissée, que la seule travée qui jouxtait la tour clocher.
Ainsi s'explique la disproportion du monument actuel: une nef minuscule dominée par un puissant chevet. Aussi sommes nous aujourd'hui reconnaissants à l'égard de Léo Drouyn cet érudit girondin au crayon scrupuleux, qui, en 1847, fit un croquis fidèle de l'édifice, nous laissant ainsi un témoignage de l'état antérieur où l'on voyait une vaste et haute nef se développer vers l'ouest et dont la trace est encore visible aujourd'hui sur le coté occidental du clocher.
Quant à l'histoire de l'origine de l'église, elle est malheureusement inexistante en l'absence au moins jusqu'à ce jour, de documents de référence, à l'exception, d'une bulle pontificale de 1153 où figure « Sancti Christophori »parmi les possessions de l'abbaye de Sarlat. A partir de l'analyse architecturale nous essaierons plus loin de proposer une reconstitution du passé de ce monument mais auparavant, concernant la période contemporaine, trois dates sont à citer: 1973 inscription à l'inventaire des monuments historiques, 1980 découverte des peintures murales médiévales, 2001 classement au titre des monuments historiques.
L'extérieur :
On
voit de très loin la haute tour, jalon médiéval émergeant de la verdure, qui
depuis le plateau domine la vallée de la Couze. La Nef ou plutôt le vestige
qu’il en reste nous apporte toutefois par son mode de construction une information
importante.
On observe en effet un appareil en « opus spicatum » plus couramment appelé en arête de poisson où l'on voit un bâti constitué de rangs de pierres obliques successivement inversés et entrecoupés de petites assises horizontales. Ce dispositif étant antérieur au XIIéme siècle, c'est donc contre une nef très ancienne que l'on est venu appuyer un chœur voûté en berceau, la construction nouvelle insérant son mur occidental entre les chaînes verticales de la nef en les utilisant comme contreforts.
Sur la face sud de l'église on distingue trois ouvertures. Entourée de deux percements postérieurs, seule la fenêtre centrale est d'origine et du premier roman avec son linteau monolithe excavé d'un arc plein cintre et gravé d'un faux appareil, dispositif que l'on retrouve très logiquement sur les fenêtres de l'est et du nord du chevet. Ce fut une nouvelle campagne de construction qui à la fin de l'époque romane, ou au début du gothique, éleva au dessus du berceau la puissante tour chevet barlongue que nous voyons aujourd'hui et qui, fait remarquable, s'harmonise parfaitement avec l'édifice qu'il somme.On voit, dès l'abord, le changement d'appareil. Les assises horizontales sont faites de belles pierres de calcaire régulièrement taillées.
En partie haute une corniche marque la fin de la première élévation en venant souligner le départ de la chambre des cloches. Cette corniche est portée sur les quatre cotés par des corbeaux très simplement taillés avec pour certains, des traces indistinctes de sculptures. Seule la décoration des modillons des angles est bien visible, elle représente des visages humains. La partie clocher est percée sur chacune de ses faces de deux baies gothiques en arc brisé. Ces baies identiques par leurs proportions se différencient d'un coté à l'autre par la modénature de leurs piédroits et de leurs arcs ( tantôt angles abattus, tantôt tores ).
Le beffroi composé d'énormes poutres de chêne pourrait être d'origine. Comme il sied, pour éviter la transmission à la maçonnerie du choc des ondes sonores, il prend simplement appui sans autre liaison sur des évidements pratiqués dans l'épaisseur du mur, il porte une cloche récente (XIXème siècle). Si à l'examen des grands ensembles, on saisit bien l'évolution architecturale, on comprend aussi que la partie aujourd'hui visible ne fut pas la seule transformée et qu’au fil des siècles le monument a subi de nombreuses retouches.